Cet artiste peintre originaire du Nord de la France a une passion, peindre des personnages. Des êtres colorés sans mains mais aux grands yeux, pour mieux nous regarder, aux grands nez de boxers, aux grandes bouches, pour mieux nous sourire et surtout aux énormes coeurs pour mieux nous aimer. Ayant longtemps séjourné dans les Vosges du coté de Raon l’Etape, Mika a multiplié les expositions et les participations aux festivals d’art et, il y a une dizaine d’années, ses personnages ont colonisé la région Lorraine.

Mika, quel a été ton parcours depuis ton étape vosgienne ?

« Il y a 10 ans, suite au décès de ma compagne j’ai quitté les Vosges pour tout recommencer à zéro avec ma fille. Je me suis installé à Sarlat en Dordogne parce que là-bas il y avait une communauté de Chtimis. Moi aussi je viens du Nord. J’y suis resté 4 ans en continuant à peindre et puis dans un salon d’art contemporain à Paris j’ai rencontré Delphine, une peintre qui est devenue ma femme. On vit à Nantes et il y a 3 ans nous avons acheté une galerie où nous exposons nos travaux ainsi que ceux d’artistes invités. »

Et si sentimentalement Delphine et Mika se sont trouvés, ils conjuguent maintenant leur art au pluriel. Avec des styles très différents ils se lancent des défis en travaillant sur des thèmes identiques. Cela leur permet d’avancer et d’explorer de nouvelles techniques et de nouvelles matières. Ils se sont donc essayés sur le Rock’n Roll, les peintres des années 50 et les natures mortes. Un exercice un peu difficile sur ce dernier thème puisque Mika ne peint que des personnages !

« En fait je ne sais peindre que cela ! Même si j’ai commencé la peinture avec des paysages très classiques, je n’ai envie de peindre que des personnages. Et depuis 2 ans je travaille sur le punk bobo. C’est un surnom que mes potes m’ont donné. Ça me fait marrer et j’assume complètement cette étiquette ! »

C’est que sur chaque tableau on retrouve un peu l’essence de l’artiste, un esprit rebelle mais bourré de tendresse. Des hommes, des femmes, des couples expressifs et toujours Rock’n Roll, qui en prenant tout l’espace de leur cadre continuent de nous rappeler que l’important dans la vie c’est l’amour. Un message universel que Mika s’efforce de diffuser à force d’expositions à travers la France mais aussi en dehors des frontières avec des expos à New-York et Tokyo.

« Notre travail avec Delphine est bien connu en France et commence à être reconnu à l’étranger. Pour cela il faut bosser et bosser. On fait tout nous même, les emballages, les courriers, etc. On envie un peu ceux qui sont libérés de ces aspects matériels même si on est très heureux de notre vie. »

S’il rêve, comme tout artiste, d’un consécration internationale, Mika n’en n’oublie pas d’où il vient. Des moments de galère il en a vécu et dès qu’il le peut, il s’engage dans des actions auprès de ceux qui en ont besoin. Une générosité qu’il offre sans limite car l’art c’est partager, offrir et s’ouvrir aux autres. Pour des écoles, des défavorisés, des commerçants il prend ses pinceaux pour embellir, revendiquer ou s’indigner.

« L’art dans notre société a une importance énorme parce qu’il peut relier beaucoup de personnes. C’est une ouverture d’esprit. Quand je vois des femmes voilées venir dans la galerie je me dis que rien n’est perdu. »

C’est peut-être cela finalement l’essentiel dans l’oeuvre de Mika. Dans leur univers coloré, ses bons hommes et ses bonnes femmes nous apportent l’évidence de la similitude, de la différence, et surtout de l’égalité et du respect entre les êtres. Projetés dans notre réalité ça fait forcément réfléchir. Et quand on demande à Mika quel mot représente le mieux son travail il répond sans hésiter :

« La joie. De la joie pour tout le monde. Il y a différents sujets à traiter dans l’art. Moi j’ai choisi celui de la joie. Quand j’ai quelque chose à dire ou revendiquer à travers mes peintures, j’utilise souvent l’humour. Je ne suis pas là pour dire au gens comment agir, je veux juste qu’il ressente de la joie en regardant mon travail. »

Ah, si tous les personnages de Mika pouvaient se donner la main pour s’unir et embellir notre société. Mais j’oubliais, ils n’ont pas de mains. Alors pourquoi ne pas le faire nous-même !

Pour en savoir plus sur l’oeuvre et le travail de Mika : http://www.mikart.fr/