Avec un nom qui sent bon l’après-guerre et les années 30, Le Sou Français propose des bracelets pour hommes et femmes composés d’un cordon et d’une ancienne pièce de monnaie. Bien plus qu’un bijou, c’est une partie de l’histoire française qui s’enroule autour de votre poignet. Explications avec Kilian, le fondateur de la marque.

Le Sou Français - Kilian LSF

Une pièce chargée d’émotion

L’histoire du Sou Français commence presque comme un scénario de film. Un père qui part à la guerre et qui laisse à sa fille une petite pièce de monnaie en souvenir. Un départ sans retour et une attente infinie pour l’enfant qui gardera cet objet, symbole de l’amour paternel, toute sa vie près d’elle. Cette petite fille s’appelle Jeanne et c’est la grand-mère de Kilian. Emu par cette histoire qu’elle ne lui dévoile qu’en 2015, il décide de lui trouver un cordon pour attacher le précieux Lindauer autour du poignet. Une idée germe alors dans la tête du jeune Visual Merchandiser de l’époque ‘J’avais toujours rêvé de me lancer dans un projet de création d’entreprise. L’histoire de ma grand-mère a été un déclencheur pour la naissance de la marque Le Sou Français.’

Depuis deux ans Kilian commercialise donc des bracelets dont l’élément principal est le Lindauer, une petite pièce de monnaie trouée en son centre et qui a été produite à plus de 70 millions d’exemplaires entre 1917 et 1939. ‘J’aime beaucoup tout ce qui est en rapport avec l’histoire. Réutiliser une pièce de monnaie française qui a été dans les mains de nos ancêtres c’est très chargé en symbole.‘ Pour l’attache, il utilise des cordons de différentes matières et différentes couleurs pour créer des styles bien caractéristiques. ‘J’ai cherché des fournisseurs qui faisaient fabriquer leur produits exclusivement en France. J’aurais trouvé dommage de mettre une attache made in China avec une pièce française.

Le Sou Français - Kilian LSF

Le Sou Français lie son destin au Made In France

Le concept de base peut paraître simple et on peut se dire que tout le monde peut réaliser des bracelets avec un peu de fil et une pièce trouée. Mais le montage d’une entreprise autour de ce concept est une autre paire de manches. Entre démarches administratives, recherches de financement, formations aux nouvelles techniques de ventes, etc. l’entrepreneur d’aujourd’hui est à considérer comme un Indiana Jones des temps modernes. ‘Je connais bien le commerce et la relation avec les clients. Par contre je suis complètement autodidacte en communication, vente sur internet et gestion des réseaux sociaux. Mais le plus compliqué c’est tout le coté administratif. En France c’est très difficile de ce point de vue. J’ai presque été tenté de partir à l’étranger. C’est dommage parce que ce pays a tellement de ressources et de savoir-faire’. Mais finalement, en se référant à Guillaume Gibault du Slip Français, figure emblématique de la réussite entrepreneuriale, il décide mener son aventure jusqu’au bout. Les satisfactions qu’il reçoit ont vite fait de gommer les périodes difficiles. ‘Le fait d’aller chiner les pièces dans les brocantes ou les vide-greniers me plait beaucoup. Chercher les fournisseurs de cordons, parler de mon projet, trouver de la confiance en eux, ça aussi c’est génial. Que d’autres professionnels donnent de l’appui à votre projet c’est très motivant.’

Le Sou Français - Kilian LSF

En vente sur le site internet les bracelets Le Sou Français sont aussi disponibles depuis peu chez 18 revendeurs dont la liste devrait apparaître prochainement sur le site de la marque. Une décision que Kilian a longtemps repoussé par crainte de dénaturer l’essence même de ses bijoux. ‘Il y avait le côté logistique qui me paraissait compliqué à assurer et puis il fallait que je sois sûr que dans les points de vente les clients aient connaissance de l’histoire et de la charge émotionnelle des bracelets.’. Mais avec l’expérience, il a appris à sélectionner les revendeurs et à gagner leur confiance. De son propre aveu, Kilian a gagné en maturité avec la création du Sou Français. En deux ans il a réussi à hisser la marque à un niveau qu’il n’avait peut-être pas soupçonné au début. Et ce n’est qu’un début puisque de nouveaux projets sont déjà prévus pour 2018.

Quant à moi je vais sans doute me laisser tenter par le modèle Flaneur en paracorde avec une pièce de 25 centimes. Peut-être aura-t-elle trainé un jour dans la poche de Prévert ou de Bourvil, allez savoir …