Il est maintenant communément admis que le remplacement d’une partie de notre consommation de viandes traditionnelles par de la nourriture à base d’insectes a un effet positif sur l’environnement. Pour autant, amener les consommateurs à faire entrer ces petites bêtes dans leurs bouches est un véritable travail de fourmis. C’est ce que s’emploie à faire Jimini’s depuis 2012 en commercialisant des produits à base de criquets, grillons et vers de farine avec un succès qui n’est pas piqué des hannetons. Rencontre avec Raphaëlle Browaeys, la ‘fourmanager de communication’ de l’équipe.

JIMINI'S INSECTES MANGER

Jimini’s, cela nous fait forcément penser à Jiminy Cricket, la bonne conscience de Pinocchio. Est-ce un hasard ?

Ce n’est sans doute pas anodin, mais en fait l’idée principale a été de personnaliser nos trois cibles principales. JIm, l’aventurier prêt à tout pour le grand frisson y compris à manger des insectes. MIchelle, la « bobo-bio » même si je n’aime pas trop cette expression. Elle prend soin d’elle et de la planète. Elle consomme responsable et s’intéresse donc tout naturellement aux insectes. Et enfin NIcolas, à la pointe des tendances qui aime faire découvrir des nouveaux produits à ses amis.

L’aventure Jimini’s a débuté en 2012. Pouvez-vous nous raconter-nous comment cela s’est passé ?

A l’origine il y a Clément et Bastien, deux amis d’enfance qui sont tombés un jour sur des rapports de la FAO pointant les insectes comme aliments d’avenir. Convaincus par ces enjeux nutritionnels et écologiques, ils ont cherché un moyen de faire entrer ces produits dans le circuit alimentaire. Et pour franchir la barrière psychologique et culturelle et se rassurer sur le gout et les textures des petites bêtes, ils ont pensé à l’apéro. Ce moment convivial propice à sortir de notre zone de confort est idéal pour faire le premier pas dans l’entomophagie. Jimini’s est donc né comme cela avec des insectes pour l’apéro assaisonnés comme des chips. On a commencé avec deux insectes, le criquet et le molitor, et 4 saveurs. La gamme s’est étendue ensuite avec le grillon et le ver buffalo et 15 nouveaux gouts supplémentaires.

JIMINI'S INSECTES MANGER

« En 6 ans Jimini’s a fait tester ses insectes à plus d’un millions de personnes. »

Après 6 ans, quel bilan faîtes-vous sur l’entomophagie en France ? Y-a-t-il un engouement croissant de la part des consommateurs ?

On voit une différence dans les réactions. Il y a toujours des gens qui sont écoeurés mais il y en a de plus en plus qui sont conscients des bienfaits pour l’environnement et la santé. Les médias ont beaucoup parlé des insectes et cela joue sur la banalisation de ce produit. Il y a quelques années, les parents s’approchaient des stands et disaient à leurs enfants ‘Regarde ça c’est dégoutant’. Maintenant la tendance est plutôt à ‘Tu vois, ça c’est ce que tu mangeras dans le futur’. On sait que cela va mettre du temps avant de trouver des grillons ou criquets dans nos assiettes au quotidien, mais les mentalités changent. L’autre signe positif c’est que Jimini’s évolue par son chiffre d’affaire et par le nombre de ses salariés. En 6 ans plus d’un millions de personnes ont testé nos produits.

Vous proposez des insectes comestibles sous différentes formes. En version salés, épicés, sucrés, intégrés dans des pâtes, en barres énergétiques, en gâteaux, … Quelle est celle qui fonctionne mieux ?

En France je dirais que les insectes entiers, avec les ailes, la tête et les pattes, ont vraiment la faveur des consommateurs. Il y a ce côté sensationnel qui fonctionne bien. C’est un peu
l’effet Koh-lantha que les gens recherchent. Pour les autres produits comme les pâtes et les biscuits récemment commercialisés, nous avons encore assez peu de recul. En Espagne, où nous sommes distribués par Carrefour, les barres énergétiques rencontrent un beau succès. Cela est sans doute dû au fait que nous avons réussi à aligner nos tarifs sur les produits concurrents de la même gamme. C’est vrai que globalement la nourriture à base d’insectes est un peu chère, mais c’est un marché jeune et la tendance sera forcément à la baisse. Pour l’instant le prix n’est pas le principal obstacle. La barrière culturelle est encore très présente, mais elle commence à se briser.

JIMINI'S INSECTES MANGER

Quelles sont les prochaines étapes du développement de Jimini’s ?

On souhaite vraiment se développer à l’international. On est déjà dans 300 Carrefour en Espagne, ce qui nous permet de tester la grande distribution. Nous avons aussi des projets en recherche et développement notamment sur la texturation de la protéine d’insectes. L’idée est de créer un produit qui se rapproche de la viande dans son gout et sa texture. Cet ‘insteak’ correspond à notre volonté de passer des produits de découverte des insectes à manger, à des produits qui nourrissent et que l’on pourra trouver fréquemment dans nos assiettes. Mais avant d’y arriver, on a encore beaucoup de criquets sur la planche.

Que vous soyez curieux, aventuriers, éco-responsables ou les trois à la fois, plus une seconde à perdre. Jimini’s vous propose le meilleur moyen de faire vos premiers pas dans l’entomophagie avec des produits très fun et savoureux. Vous regretterez de ne pas l’avoir fait avant. Alors comme dit la chanson : « Allez viens boire un petit coup à la maison, y a des vers, des criquets et des grillons … »

Crédits photos : JIMINI’S

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