Quand Frédéric tourne la clé dans le contact de sa Corvette Stingray de 1977, c’est tout le quartier qui tremble. Il faut dire que l’engin ne passe pas inaperçu avec ses lignes sexys, ses proportions démesurées et sa couleur noir profond. On dirait presque la Batmobile dans le film de Tim Burton. D’ailleurs c’est le cinéma qui à inciter Fred et son épouse Sophie à acheter cette voiture.

« On n’arrivait pas à se mettre d’accord sur le modèle et puis un jour en regardant Rush Hour on est tombé fous de la Corvette cabriolet d’un des deux policiers. On s’est dit si on la trouve on l’achète. J’avais cette voiture en poster quand j’étais gamin. Un rêve quoi ! Trois mois après, en janvier 2015, on allait la chercher à Paris« 

Passion Corvette et Peugeot

Le bonheur avec un bolide de 5,7l, 8 cylindres et 350cv c’est de prendre l’autoroute, d’appuyer sur l’accélérateur, de s’accrocher au volant et d’entendre le moteur hurler sa puissance. Et malgré son âge avancée de presque 40 ans et sans doute quelques chevaux en moins, la Corvette envoie encore du pâté. Alors, c’est sûr, avec les vielles mécaniques il y a toujours un « clink clink clink » ou un « reu reu reu » qui laisse supposer un petit soucis. Mais l’intérêt c’est qu’avec de l’huile de coude, une clé de douze et de la patience on arrive toujours à se rassurer.

« Depuis tout petit j’ai fait de la mécanique avec mon père. J’ai toujours adoré ça. L’avantage avec la Corvette c’est que tout est simple. Il y a beaucoup moins d’électronique que dans les voitures actuelles. Les pièces sont assez faciles à récupérer sur internet. Sauf des fois un petit détail comme l’interrupteur pour descendre les fenêtres que je n’arrive pas à trouver !« 

Donc quand on fait l’acquisition d’une voiture de collection il faut quand même être prêt à mettre les mains dans le cambouis ou alors connaître un garagiste local qui acceptera de le faire pour vous. Adhérer à un club est aussi une bonne idée pour échanger pratique, astuces et matériel. Mais au dire de Fred, les pannes sont peu fréquentes, surtout si on fait attention lors de l’achat de vérifier le contrôle technique. Le but n’est pas de passer ses loisirs à bricoler, mais à piloter. Avec la Corvette on peut effectivement parler de pilotage puisque avec sa garde au sol très basse et une visibilité intuitive du nez, il faut être un expert pour zigzaguer dans les petites rues.

C’est pour cela que Sophie utilise plus volontiers la 204 Peugeot de 1969. Et oui, quand on est passionné … En fait la Peugeot Fred l’a acheté en 2004. Un coup de cœur pour une voiture qui a le même âge que lui. Le plaisir de conduire est aussi intense qu’avec l’américaine, mais les sensations sont différentes. Entre 350cv d’une part et 73cv de l’autre, le coup d’accélérateur n’a pas le même effet. La réaction des autres automobilistes aussi est différente.

Passion Corvette et Peugeot

« La 204 donne le sourire à tout le monde. Je pourrais la vendre à chaque fois que je fais le plein. C’est comme si tout le monde avait eu un grand-père qui en possédait une ! Avec la Corvette on se fait beaucoup moins aborder. Mise à part les passionnés, personne n’ose nous approcher. Il y a une connotation voiture de riche. Pourtant on l’a payé moins chère qu’une petite citadine française.« 

Mais peu importe le regard des gens, ce goût pour les voitures chargées d’histoires c’est avant tout la passion de Sophie et Fred, et d’une partie de la famille. Même s’il ne sont pas encore d’accord sur la prochaine acquisition, ils peuvent compter sur un coup du sort, un film, une chanson ou une série pour les aider à se décider… Sinon, nous on leur conseille de revoir les Starsky et Hutch !